24/01/2010

Villégiature - Collage 2010.

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Villégiature

 

Archer dans la nuit

Souffleur de vers libres

 

Aller, dur métier

À la cafétéria, ambroisie :

Sandwich au jambon

Un œuf dur

Une salade vinaigrette

 

La serveuse a mal dormi

Ses yeux clignent au ralenti

 

Aller, cœur à l’ouvrage

Au Café du commerce, nectar :

Un vin chaud

Cannelle clous de girofle

Sucre et miel

 

Le patron passe un torchon rouge

Sur le formica du comptoir

 

Sur les docks

Tout à l’heure on faisait descendre des navires

Du café des fruits exotiques

De la limaille d’azur

Des gestes d’adieu empaillés

 

Quelque part

Les relents de friture au fond de la ruelle

Le bruit des trains qui ronchonnent

Une odeur de lune qui fond

Derrière les derniers arbres

 

Aller, dalle après dalle

Macérer dans la pluie

Au fond de la poche trouée

Du destin

 

Le goût des choses

Et celui de la bière

Se confondent

 

Des moustiques en fête

Dans le bleu de l’enseigne

Un café bien chaud

Pour tout brûler

L’instant avec la vie

Denys-Louis Colaux sur un collage de Sandro Baguet

 

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15/01/2010

Journal intime - Acrylique 50/70 - 2010.

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Journal intime

Mardi, un grand coup de chaos

Déchire la terre au loin

Entre l’Atlantique et la mer des Caraibes

Sur le chemin des alizés

 

Les mots exotiques

Les grandes danses bleues

Le songe tropical

La vérité lourde et noire

Montagne dans la mer

Les perles d’îles, leurs colliers sur l’eau

Le paradis pauvre, le fond du paradis –

Tout s’est fissuré, saigne, penche

 

De grandes éclaboussures de deuil

Tombent dans la marmite du monde

Et surissent

Les ragouts du destin

Et le parfum blessé des choses

 

Des fresques humaines s’effacent

Au mur incertain de l’humanité

 

On se sent singe

Pauvres viscères  morpions de l’espérance

D’avoir rêvé l’équerre du monde

Et l’huile essentielle de ses rouages

D’avoir tenu

Contre les signes

La cécité des ordres

Le gouvernail sur la musique des âmes

Dans le couloir où nous nous croisons le soir

Elle demande : « Tu as entendu ? »

Et dans la façon dont elle regarde vers nulle part

Vers rien du tout désormais

Je touche la fleur morte du désir

 

La poche, la valise, le bagage

Sont vides

 

Poème : Denys-Louis Colaux

Peinture : Sandro Baguet

 

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15/12/2009

PLAIDOYER. Encre de Chine & crayon.

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PLAIDOYER

Marchons vers le lointain
Loin du vide
Loin du temps
Loin des camisoles atmosphériques
Marchons droit devant
Vers le méconnu
Hors de nous visqueuse économie
Hors de nous larmes faméliques
Hors de nous vertu ambiguë
Marchons sans tomber
La route sera pénible, épineuse
Rocambolesque
Tel est le prix de la quiétude inextinguible

L'exode de la raison
Méthodologiquement abordée
Nous injecterons d'inamovibles paradoxes
Pour que la loi et les règles s'effacent
Pour que les saintes inquisitions implosent
Eteignons ces lamentables visions
Dorénavant, nous n'aurons plus d'angoisses
La lumière jaillira en mille cascades
Juste pour nos yeux entremêlés
Soutenant les mélodies intemporelles
Feignant les rages polymorphes
Limitant le cercle infantile

Soulevant le cri de l’athéisme
Défenestrant le régent de la globalisation
Nous retrouvons les hérétiques
Paupérisation absurde
L'égalité sera la seule doctrine anti-dogmatique
Nous y veillerons éternellement
Les mots et le langage en plus
L'inaccessible imperfection sera enseignée
L'amour aussi
L'ivresse avec

La poésie aussi

La libre pensée avec
La désobéissance en plus

La désobéissance en plus
Les rêveries sûrement
La négritude aussi
La gratitude jamais
Nous y veillerons inlassablement
Après le sommeil des fous

Après l’enclavement des boursicoteurs  
Enfilons nos valises...

Texte: Stéphane Mansy - Encre: Sandro Baguet.

Stéphane Mansy est comédien (Studio-Théâtre). Il s'est mis à l'écriture et une première pièce, intitulée Espèce d'Idylle, voit le jour en novembre 2000. D'autres réalisations suivront: Intrusion, Les Cartables Lacérés, Fermez les yeux, ... éditées aux Editions du Cerisier (Cuesmes, Belgique).

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07/12/2009

LE MENEUR D’OISELLES. Acrylique 100/70 - 2009.

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LE MENEUR D’OISELLES

 

Baguet

mène ou retient

ses filles

à l’huile et aux pinceaux

 

Il danse à leurs surfaces

à leurs abîmes

à leurs chemins d’étoiles

je le suis en confiance

 

j’ignore ce qu’il leur chante

tandis qu’il les peint

je ne sais comment

il s’envoûte d’elles

quelles magies

quels coulis de miroir

s’échangent

entre le geste et la pose

je le suis en confiance

 

j’ignore quelles vendanges

entre les anges

et le dompteur de vignes

règlent l’ordre du sang

et le parfum du vin

je le suis en confiance

 

Baguet

croise avec ses sœurs

des armes de paix, de flanelle et d’amour

il a le goût des fleurs

des ibis et des filles

la main faite aux argiles humaines

et son moulin intime

brasse des hémorragies

je le suis en confiance

 

Baguet mène et retient ses filles

elles infusent en lui

et dilatent dans son vitrail ouvert

des résilles de soleil

 

J’entre dans sa galerie

comme un mineur dans l’aube

 

 

Tableau : Sandro Baguet

Poème : DL Colaux

 

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03/11/2009

Un tailleur d’allumettes, nouveau recueil poétique de Denys-Louis Colaux

Un tailleur d’allumettes

Le nouveau recueil poétique de Denys-Louis Colaux vient de paraître aux éditions de l’Arbre à paroles, Maison de la Poésie d’Amay. Il est illustré de six œuvres de l’artiste peintre Laurence Burvenich.

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108 pages - 12 € - avec six illustrations de l'artiste peintre Laurence Burvenich - mode de paiement : versement ou virement au compte 340-0919001-61 de l'asbl Identités Wallonie-Bruxelles - P.P. 12 - 4540 Amay - Belgique (mention : "Un tailleur d'allumettes", DL Colaux)

Si vous avez l'air de grands cochons devant l'aube; si vous brûlez au graal affolé du soleil; si encore vous rêvez à la poésie comme à la force des écluses ou si vous êtes toujours en pourparlers avec la parole...si vous vous sentez éternel parce que vous répétez la disparition, c'est que vous acceptez d'être du petit nombre de ceux qui ne sont pas élus, car vous vous détenez vous-même.

"Souriez, vous êtes vus", prévient l'auteur. Sardonique et savoureuse, la poésie de D-L Colaux est comme le shampoing chauve et le passage admirable de la femme: flagrante.

 Guy Léga

12:02 Écrit par SB dans Copinage ! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/09/2009

Blues du rendez-vous - Collage 2009.

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Blues du rendez-vous

Fume ton dernier clope pépère

Sur le seuil le bord du gouffre

Dans cette moitié de nuit

Que tu regardes comme un diagnostic.

Tes pieds ton désir d’avancer

Ont cessé de t’apparaître. 

Mêle à la grisaille du monde

Les brouillards de tes expirations.

Montre ta meilleure gueule d’enterrement

Tes bras ballants ta chemise terne.

Assiste à la fonte de ton iceberg

Replie ses lueurs ses angles ses secrets.

Touille un peu dans le pot de ta déconfiture.

Mets sous la lame

Le cou d’une ultime désillusion.

Mets sous la lime

Les mains de ta dernière guitare.

Lâche tout  la proie l’ombre la palombe.

Tire le rideau.

Écoute grésiller ton mégot

Au rythme des derniers graillonnements

De ton électroencéphalogramme.

Laisse à la suée de ton front

Se dissoudre le sel de ton auréole.

Toussote un coup par goût de la musique

Et pour tenir encore

Quelques secondes

Le silence en respect .

Dessale naufrage pépère

Dans les remous de l’aube incertaine.

Descends au fond

Sous l’escorte funèbre

De ton âme insubmersible

Qui a déjà fermé les bras.

Noue au bout de ton doigt d’honneur

Le mouchoir blanc de la faillite.

Laisse tout se perdre.

Renonce à tes chéries.

Fous leurs huit jours à tes Indiens.

Repousse du pied tes livres.

Taille la gorge à tes plumes.

Tourne la page.

Lave l’ardoise de tes tableaux.

Donne son préavis à ton horloge.

Pousse dans le cul du diable le suppositoire de ta honte.

Envoie tout dinguer valser se fendre.

Descends enlise-toi tout à fait.

Songe au repos

D’être un caillou

Un objet sans destin

Un pétale d’apostrophe

Dans les versets du vide.

Ou ferraille, crapule !

Denys-Louis Colaux sur un collage de Sandro Baguet

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23/08/2009

Du ciel et des roses (acrylique 20/30).

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Du ciel et des roses

Nous, on voit toujours danser Vénus, Bethsabée sortir du bain. Toujours on voit Léda hypnotiser son cygne. Le cygne qui passait dans les rêves de Sax. Toujours on voit, comme des springboks de bronze souple, bondir les triple sauteuses cubaines, Yargelis Savigné ou Mabel Gay. Mais elle, qu’est-ce qu’elle regarde ? Quel soleil hèle ses vitraux de chapelle ? Je me demande ce qu’éclairent ces falots de brume, ces quinquets de mer. Quelles feuilles d’azur infusent au cœur de ces saphirs ? Et pourquoi, quand tout s’étiole en gris et cendre, elle a baigné son crin dans le sang violent des roses ? 

Texte: Denys-Louis Colaux

Acrylique: Sandro Baguet

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