22/12/2008

Les Têtes à claques du Front (Collage sur texte).

collage
Je relis les déclarations du consternant Patrick Cocriamont. Les chambres à gaz dans les camps de concentration n'ont pas existé (...) Tu vas partout à Anderlecht, dans tous les nouveaux buildings, tu vois que ça ! Tu vois des noms qui sont juifs. Et tu vas me dire qu'on en a exterminé 6 millions ? On n'aurait pas su. Je ne vais pas tenter une étude sémantique de ces propos qui, notons-le pourtant, redoublent de puanteur quand on veut les disséquer. Mais je n’ai pas le goût de la trituration des étrons. Voilà sans doute les propos d’une effarante ordure, d’une exorbitante ordure qui, pour faire d’une pierre deux coups, a aussi choisi de rallier le camp des cons hors catégorie. C’est donc à Anderlecht que Cocriamont a trouvé l’irréfutable preuve de la fable des chambres à gaz. Le pauvre type, sa boussole est en panne ou il aime à s’égarer. Quand on cherche des preuves relatives aux chambres à gaz ou aux camps de concentration, ce n’est pas dans la périphérie bruxelloise qu’il faut mener enquête. Il faut aller voir à Auschwitz, Auschwitz-Birkenau, Bergen-Belsen, Treblinka, Chelmno, Sobibor, Majdanek, Dachau, Buchenwald, Mathausen, Ravensbrück, Sobibor ou Sachenhausen, notamment. En fait, je crois qu’il est là, le problème du primate frontiste, il ne cherche pas à la bonne place. Il est distrait, je ne sais pas, il éprouve du mal à s’orienter, il s’égare dès qu’il se met en route, il ne se documente pas. C’est ça, trop envoûté par les remugles de cette merde noire qui lui sert de feuillée idéologique, il ne cherche jamais la source. Ce serait, ce clampin désorienté, un vilain potache, un ignare, un collectionneur de zéros, une buse, un cancre impérial, une cervelle d’étourneau si, bien entendu, ce n’était d’abord, foncièrement, une insupportable crapule. Dites un peu, de pareilles infections humaines mettent mon humanisme à mal. Car quoi, ces négations absurdes et épouvantables n’ont somme toute qu’un seul but, exonérer, aseptiser une monstrueuse époque de l’histoire pour préparer et favoriser son resurgissement ! Les époques de marasme sont des terreaux toujours favorables aux semis des solutions radicales, fussent-elles odieuses. Pourtant, je ne puis me défaire de cette idée que ces infréquentables caves sont faits pour la pensée comme une moule pour la production de la perle, comme un maquereau pour la leçon de morale.

Et ce Delacroix, ce folâtre Michel Delacroix, qui vient, sur l’air de l’Eau Vive de Béart, nous entonner, face caméra, son dégueulasse couplet antisémite. Ah, les jolis souvenirs de vacances, les bien farces exploits de terrasse, le fameux karaoké de crevure ! Mais sont-ils espiègles, ces fumiers ! Sont-ils joueurs ! On fait des concours de salopards au Front, on a le fascisme parodique et jovial ! Statuette du plus haineux, award du plus malfaisant. Il faut voir ces faramineux tarés piétiner des calvaires et chanter au balcon des horreurs du siècle ! Il faut voir ces infects termites s’avancer sur la table des matières des livres de la mémoire. On ne fera pas, nous autres, du révisionnisme à rebours, on ne fera pas semblant qu’ils n’existent pas. Ils sont, comme la peste. Ils sont. Mais nous disposons des moyens (légaux) de les faire taire. Je ne distingue pas, dans ce qui les constitue, de quoi éveiller la clémence. Et c’est en moi, très profond, avec une épuisante obstination, que je cherche l’énergie d’une colère et d’une protestation épargnées par la volonté de destruction. On ne fera pas débat avec eux. Ce sont des médiocres sans questionnement, des tueurs de la pensée, des idéologues du degré zéro, des inconditionnels de la haine. Ça ne les rend vraiment pas respectables. On ne leur apprendra rien. L’irrationnel a depuis longtemps pris chez eux le pas sur la connaissance, l’examen, la réflexion, la recherche, l’étude. On les amuserait en faisant vainement appel à leur humanité. On ne leur apprendra à peu près rien. Ceci seulement. Si l’on faisait nôtres, un instant, leurs convictions et leurs procédés, ces négationnistes seraient en grand danger. Parce que leurs déclarations finissent par fonder une sorte de casus belli. Je veux dire en cela qu’il faut faire la guerre à ces affirmations qui sont comme des mines antipersonnel embusquées sous les trottoirs de la pensée. Déminer le pavé ne suffit plus. Quand la bête est dangereuse à ce point, il faut recourir à la muselière. Aucune forme d’humanisme ne nous autorise à confondre un jet de bile, une giclée de bave ou une morsure avec une parole.

D-L C

09:09 Écrit par SB dans Collages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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