11/01/2009

Calendrier / Agenda.

Vendredi 9 avril 2010. Au Club Achille Chavée, rue Abelville, 34 à La Louvière:
19h30

Vernissage / exposition

Collages de Sandro Baguet



Et à 20 heures, débat: Crise du capitalisme: Que faire ? Alternative ? Unité ? Avec Pierre Eyben, Parti Communiste - PC, Céline Caudron, Ligue Communiste Révolutionnaire - LCR, Germain Mugemangango, Parti du Travail de Belgique-PTB, Benjamin Dussaussois, Parti Socialiste de lutte - PSL. Modérateur: Stéphane Mansy

Ed.resp.: J-P Michiels, 34, rue Abelville à La Louvière, 064/22.21.95. Web: http://rouges-vifs.skynetblogs.be/
& http://users.skynet.be/club.achille.chavee/


Printemps 2010.
Participation à l'exposition-concours "Jeunes talents", Le Progrès à Dampremy. 


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2010. Inscription à La Collection RTBF / De Canvascollectie. Passage devant le jury de présélection.
La Collection RTBF / De Canvascollectie:
http://www.rtbf.be/lacollection/


jpdrJ'signe un article dans Le Drapeau Rouge n° 26.
Un hommage à la famille Michiels.
Les tantes et oncles de l'actuel conseiller communal (municipal) louviérois Jean-Pierre Michiels.
Des Résistant(e)s (Partisans Armés) à l'occupation nazie...

 


08/01/2009

UNE AMOUREUSE (acrylique 50/70 - 2009)

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UNE AMOUREUSE

Tu t’en souviens, dis, Fifille, du temps d’avant l’apocalypse, d’avant le déluge, du temps d’avant qu’on dérape sur une tache de réel, dis, tu t’en souviens du temps qu’on affichait comme des calicots les beaux masques de nos arrogances ? Dis, Fifille, tu t’en souviens, avec ton long regard de revenue du front ?

Du temps, dis, Fifille, qu’on avait de l’allure, des chiens aux trousses et des yeux de pur cristal, du temps qu’on courait vite, du temps qu’on se servait l’un à l’autre de marchepied vers les étoiles, dis, Fifille, tu t’en souviens ? Dis, tu t’en souviens, Fifille, avec ton air d’ecchymose à ciel ouvert ?

Et de la cerise au ciel, et de la guigne qu’on écrasait du talon, et des lits de paille et de trèfle où qu’on menait paître nos rhapsodies d’amour, et, dans la ville à minuit, sous la fleur déchue d’un réverbère, d’un fiévreux geste d’amour, tu t’en souviens ? Dis, Fifille, tu t’en souviens, avec ton long cou d’île menacée par les eaux ?

Tu t’en souviens, dis, Fifille, de la vache enragée et de la foi, des urticaires du dégoût, de la grande castagne des idées, des poubelles dans les vitres, de Jésus-Calumet et de ses deals prospères et des vitraux d’église qui faisaient filigrane à tes yeux ? Dis, tu t’en souviens, Fifille, avec l’or de ta flamme restée sur le qui-vive ?

Dis, Fifille, tu t’en souviens, - maintenant qu’on taille des rideaux dans l’indienne, maintenant que le sang se cherche des aspirines, maintenant qu’on a le front à la vitrine des choses, maintenant qu’on a marché dans la prudence, que ça nous colle aux semelles et que, là-bas, le scalp de l’horizon pend comme un linge -, dis, de ton flair et de tes humeurs de Squaw, et des elfes dans les peupliers, et du blues tiré et poussé sur le seuil blanc de l’aube, de la grâce toute crue, dis, Fifille, tu t’en souviens des boussoles de frissons qu’on avait pour aimants ? Dis, Fifille, tu t’en souviens, avec ton beau visage d’ange assis sur ses ailes ?

Une Amoureuse – Tableau : Sandro Baguet – Poème : Denys-Louis Colaux

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06/01/2009

Le Maure absent (acrylique 2008).


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Le Maure absent

Comme il était né sans paupières,

sur scène, chaque soir,

il donnait à voir ses yeux

de doux fauve

désintéressé par l’appétit.

Il prenait place devant le rideau

et tournait vers l’assemblée

ce mélancolique visage de Maure

où deux réverbères intimes

infusaient lentement dans l’ombre.

Les mots peut-être

lui semblaient superflus.

Et pas un jamais

ne franchissait

les ourlets rouges de sa bouche.

Sans ces braises ardentes,

sans le carmin mouillé

de ces lèvres presque féminines,

on eût presque ignoré

qu’un homme faisait face.

Silencieux, immobile

vêtu d’étoffes mimétiques,

il levait un regard

qui ne se posait pas

mais dessinait en luisant

les bords incertains de l’absence.

Sur scène, chaque soir,

il réussissait sans effort,

deux heures durant,

devant un public recueilli

de buveurs de thé blanc,

le prodige d’être presque là.

Sandro Baguet : tableau « Le Maure absent »

Denys-Louis Colaux : poème « Le Maure absent »

 

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