20/02/2009

LA MADONE DES REVERBERES (acrylique 50/70 - 2009)

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LA MADONE DES REVERBERES

 

                                En puisant à ses grands yeux d’amoureuse,

                                On aurait abreuvé le désert

 

Voile et ouvre, masque et laisse danser

Tes yeux de rhapsode mangé par ses propres violons,

Tes yeux de mâcheuse de bétel frais, de dévoreuse de lotus.

Attise et souffle, couvre et laisse luire

Tes vitraux d’ensorceleuse de fakirs,

Tes vitraux de souffleuse de spectres, de tailleuse d’étincelles.

 

Belle comme le regret mis à tremper dans son vase,

Comme la vapeur bleue d’avant les consumations,

Comme le temps d’avant les cercueils et les banquets de défaite, belle

Comme un avion de liberté atterri sur le chemin de l’usine.

 

Couvre et délace, atténue et vernis

Tes quinquets de marcheuse sur l’eau,

Tes quinquets de porteuse d’aube, de cracheuse de braises.

Retiens et affiche, éteins et laisse étinceler

Tes perles d’huîtres de nuit, d’océans en vendange

Tes perles de Paris braqué, de Cartier dévalisé.

 

Belle comme l’art de la fugue à seize ans,  au printemps et Bach en grâce,

Comme les guitares dans la nuit, le feu de plage, le vin, le pauvre poème en joie,

Ses marges chauffées de cannabis rouge, lavées au lait des belles vaches de l’utopie,

Belle comme les harpes encore accordées de la conquête,

Belle comme le désir de faire rouler la lumière par lampées.

 

Tes yeux, ma jolie cerise, comme, après le rêve de la forêt,

Deux définitives taches de ciel parmi les copeaux, la sciure et la cendre.

 

La Madone des Réverbères, tableau : Sandro Baguet – poème : Denys-Louis Colaux  http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/

07:35 Écrit par SB dans Les acryliques | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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