15/01/2010

Journal intime - Acrylique 50/70 - 2010.

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Journal intime

Mardi, un grand coup de chaos

Déchire la terre au loin

Entre l’Atlantique et la mer des Caraibes

Sur le chemin des alizés

 

Les mots exotiques

Les grandes danses bleues

Le songe tropical

La vérité lourde et noire

Montagne dans la mer

Les perles d’îles, leurs colliers sur l’eau

Le paradis pauvre, le fond du paradis –

Tout s’est fissuré, saigne, penche

 

De grandes éclaboussures de deuil

Tombent dans la marmite du monde

Et surissent

Les ragouts du destin

Et le parfum blessé des choses

 

Des fresques humaines s’effacent

Au mur incertain de l’humanité

 

On se sent singe

Pauvres viscères  morpions de l’espérance

D’avoir rêvé l’équerre du monde

Et l’huile essentielle de ses rouages

D’avoir tenu

Contre les signes

La cécité des ordres

Le gouvernail sur la musique des âmes

Dans le couloir où nous nous croisons le soir

Elle demande : « Tu as entendu ? »

Et dans la façon dont elle regarde vers nulle part

Vers rien du tout désormais

Je touche la fleur morte du désir

 

La poche, la valise, le bagage

Sont vides

 

Poème : Denys-Louis Colaux

Peinture : Sandro Baguet

 

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07/12/2009

LE MENEUR D’OISELLES. Acrylique 100/70 - 2009.

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LE MENEUR D’OISELLES

 

Baguet

mène ou retient

ses filles

à l’huile et aux pinceaux

 

Il danse à leurs surfaces

à leurs abîmes

à leurs chemins d’étoiles

je le suis en confiance

 

j’ignore ce qu’il leur chante

tandis qu’il les peint

je ne sais comment

il s’envoûte d’elles

quelles magies

quels coulis de miroir

s’échangent

entre le geste et la pose

je le suis en confiance

 

j’ignore quelles vendanges

entre les anges

et le dompteur de vignes

règlent l’ordre du sang

et le parfum du vin

je le suis en confiance

 

Baguet

croise avec ses sœurs

des armes de paix, de flanelle et d’amour

il a le goût des fleurs

des ibis et des filles

la main faite aux argiles humaines

et son moulin intime

brasse des hémorragies

je le suis en confiance

 

Baguet mène et retient ses filles

elles infusent en lui

et dilatent dans son vitrail ouvert

des résilles de soleil

 

J’entre dans sa galerie

comme un mineur dans l’aube

 

 

Tableau : Sandro Baguet

Poème : DL Colaux

 

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23/08/2009

Du ciel et des roses (acrylique 20/30).

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Du ciel et des roses

Nous, on voit toujours danser Vénus, Bethsabée sortir du bain. Toujours on voit Léda hypnotiser son cygne. Le cygne qui passait dans les rêves de Sax. Toujours on voit, comme des springboks de bronze souple, bondir les triple sauteuses cubaines, Yargelis Savigné ou Mabel Gay. Mais elle, qu’est-ce qu’elle regarde ? Quel soleil hèle ses vitraux de chapelle ? Je me demande ce qu’éclairent ces falots de brume, ces quinquets de mer. Quelles feuilles d’azur infusent au cœur de ces saphirs ? Et pourquoi, quand tout s’étiole en gris et cendre, elle a baigné son crin dans le sang violent des roses ? 

Texte: Denys-Louis Colaux

Acrylique: Sandro Baguet

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14/08/2009

Dans la démesure de tes yeux (acrylique 50/70 - 2009)

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Je l’avais plutôt mauvaise. Saignante. J’allais sous de médiocres étoiles. Clous rouillés par-dessus les toits et les arbres.  Petite quincaillerie du clodo. Le désir m’abandonnait de lever les yeux, comme un oiseau flingué, il cassait ses ailes.  Dans la gamelle de mon âme, je palpais la lie. J’errais, pauvre chien d’aoûtien jeté à bas du convoi, dans des nuits très longues, saoulées d’odeurs inconnues. Dans mon falzar élimé jusqu’à l’amble, j’entendais tinter des rebuts de thunes. A peine assez d’oseille pour quelques jours d’autonomie sous conditions d’ascèse. Picrate et clopes exclus. L’apocalypse en perspective. Le goût d’écrire, ma fortune, fondait à la cire de mes doigts. Je n’existais que dans la démesure de tes yeux.

Texte: Denys-Louis Colaux

Acrylique: Sandro Baguet

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20/02/2009

LA MADONE DES REVERBERES (acrylique 50/70 - 2009)

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LA MADONE DES REVERBERES

 

                                En puisant à ses grands yeux d’amoureuse,

                                On aurait abreuvé le désert

 

Voile et ouvre, masque et laisse danser

Tes yeux de rhapsode mangé par ses propres violons,

Tes yeux de mâcheuse de bétel frais, de dévoreuse de lotus.

Attise et souffle, couvre et laisse luire

Tes vitraux d’ensorceleuse de fakirs,

Tes vitraux de souffleuse de spectres, de tailleuse d’étincelles.

 

Belle comme le regret mis à tremper dans son vase,

Comme la vapeur bleue d’avant les consumations,

Comme le temps d’avant les cercueils et les banquets de défaite, belle

Comme un avion de liberté atterri sur le chemin de l’usine.

 

Couvre et délace, atténue et vernis

Tes quinquets de marcheuse sur l’eau,

Tes quinquets de porteuse d’aube, de cracheuse de braises.

Retiens et affiche, éteins et laisse étinceler

Tes perles d’huîtres de nuit, d’océans en vendange

Tes perles de Paris braqué, de Cartier dévalisé.

 

Belle comme l’art de la fugue à seize ans,  au printemps et Bach en grâce,

Comme les guitares dans la nuit, le feu de plage, le vin, le pauvre poème en joie,

Ses marges chauffées de cannabis rouge, lavées au lait des belles vaches de l’utopie,

Belle comme les harpes encore accordées de la conquête,

Belle comme le désir de faire rouler la lumière par lampées.

 

Tes yeux, ma jolie cerise, comme, après le rêve de la forêt,

Deux définitives taches de ciel parmi les copeaux, la sciure et la cendre.

 

La Madone des Réverbères, tableau : Sandro Baguet – poème : Denys-Louis Colaux  http://denyslouiscolaux.skynetblogs.be/

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07/02/2009

4 jours (acrylique 50/70 - 2009)

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4 jours

Voilà quatre jours
Que je n'ai pas dormi
Voilà quatre jours
Que tu es partie
Depuis qu't'es plus là
J'fais que des conn'ries
Je plonge dans les bras
De n'importe qui
Je me couche seul
Dans mon lit désert
J'pense à ta p'tit' gueule
Et à tes yeux verts

Mille fois je vais jurer
Que cette fois c'est fini
Mille fois je vais rejoindre
Les ombres de la nuit
Et cracher à la gueule
Des souvenirs amers
Que c'est bon de dormir
En étoile de mer

Et mes vieux démons
Qui réapparaissent
M'entraînent vers le fond
Me tenant en laisse
Les jours manqu'nt de sens
Et les nuits aussi
Des idées sales dansent
Tristes sous la pluie
Je me couche seul
Dans des lits provisoires
J'pense à ta p'tit' gueule
Et à tes yeux noirs

Mille fois je vais jurer
Que cette fois c'est fini
Mille fois je vais rejoindre
Les ombres de la nuit
Et cracher à la gueule
Des souvenirs amers
Que c'est bon de dormir
En étoile de mer

C'est calme dans ma vie
Plus rien ne se passe
Sur ce trottoir-ci
Ou celui d'en face
Là-haut dans le ciel
Je vois ton visage
Que des anges modèlent
Avec les nuages
Je me couche seul
Dans mon lit, au milieu
J'pense à ta p'tit' gueule
Et à tes yeux bleus

Mille fois je vais jurer
Que cette fois c'est fini
Mille fois je vais rejoindre
Les ombres de la nuit
Et cracher à la gueule
Des souvenirs amers
Que c'est bon de dormir
En étoile de mer

 

Paroles: fred Alpi - Web: http://www.fredalpi.com/
Acrylique: Sandro Baguet

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Le vent glacé (acrylique 2008 - 40/50)

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Le vent glacé

Je sens le vent glacé
De la mort
Qui me souffle dans le dos
Qui me glace les os
Et pétrifie mon sang
Il aura suffit
De quelques cellules
De trop
Pour réduire en poussière
Ce corps
Qui n’était pas encore
Vieux
Cette vie qui était si jeune
Et qui ne pouvait pas
Comprendre
Qui ne voulait pas
Attendre

Le souffle
Aurait encore dû
Vagabonder longtemps
J’étais à peine
Sorti de la caverne
Pour découvrir
Ce qu’est le monde
Et pour faire croître celui
Qui habite
A l’intérieur de moi

Le sable chute
Eternellement
Le goulot du sablier
s'élargit
A chaque instant
Le temps coule
De plus en plus
Rapidement
Est-ce qu'avant de mourir
Je pourrai connaître
La sagesse
La force
Et la beauté ?

Le vide et le plein
Se succèdent
Encore quelques instants
Je suis encore debout
Entre le ciel
Et la terre
Je ne sais pas
Si je retourne
Aux origines
Et je m'en fous

Je le saurai bien assez tôt
J'aurai
L'éternité
Pour comprendre
Pour apprendre
pour attendre

Paroles : Fred Alpi. Web: http://www.fredalpi.com/
Acrylique: Sandro Baguet

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